Les nouveaux prêts immobiliers s’étendent en moyenne sur 20 ans au quatrième semestre 2021et le phénomène semble s’amplifier pour faire face aux recommandations du Haut Conseil de stabilité financière.

Depuis le 1er janvier 2022, les règles d’accès au crédit immobilier sont plus restrictives. Vous ne pouvez plus désormais emprunter sur plus de 25 ans et votre taux d’endettement ne pourra plus dépasser 35% de vos revenus nets. En attendant, la durée moyenne d’emprunt ne cesse de s’allonger afin «d’absorber les conséquences de la hausse des prix des logements et de contenir les taux d’effort sous le seuil des 35 %», d’après l’étude de l’Observatoire Crédit Logement, une société de financement spécialisée dans la garantie de prêts immobiliers.

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En moyenne, les nouveaux prêts immobiliers s’étendent sur près de 20 ans au quatrième trimestre 2021, soit neuf mois de plus qu’en décembre 2019. Ainsi, la durée moyenne des prêts n’a jamais été aussi élevée par le passé: alors que la durée moyenne s’était établie à 163 mois en 2001, soit 13,6 ans, elle était de 233 mois vingt années plus tard, soit 19,4 ans, selon l’Observatoire.

De moins en moins de prêts courts

Au 4e trimestre 2021, 60,5% de la production ont été réalisés sur une durée de plus de 20 ans et jusqu’à 25 ans, un niveau jamais constaté jusqu’alors. À l’inverse, la part des prêts les plus courts, 15 ans et moins, ne représente plus que 14.8 % du total de la production, soit le pourcentage le plus bas que l’Observatoire a eu à connaître jusqu’ici. Ludovic Cohen, directeur des marchés assurances de personnes d’April, qui propose des contrats d’assurance, a également constaté un allongement de la durée d’emprunt mais «dans une moindre mesure. En ce qui concerne les prêts de plus de 20 ans, on est passé de 40 % en 2020 à 45% à 2021.» April observe une hausse de la durée moyenne d’emprunt de 7 mois entre 2020 et 2021 avec «un vrai atterrissage de cette durée moyenne sur la fin de l’année dernière car les banques avaient commencé à diminuer les volumes voir arrêté les prêts de 25 ans comme le HCSF interdit les emprunts sur plus de 25 ans», ajoute Ludovic Cohen.

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«Là où en 2019 un peu plus de 61% des moins de 35 ans s’endettaient sur plus de 20 ans, en 2021 nous sommes à 71%, soit 10 points de plus», commente Michel Mouillart, professeur d’Économie, qui analyse les indicateurs suivis par l’Observatoire Crédit Logement/ CSA. Cette proportion est à peu près comparable sur les 35-45 ans, alors que chez les 55 ans et plus, elle est nettement moins marquée. Cependant, en ce qui concerne les seuls prêts bancaires à l’accession à la propriété, la part de la production à plus de 25 ans, est quasiment inexistante: 0,1% au 4e trimestre 2021.

L’allongement des durées d’emprunt a principalement bénéficié aux emprunteurs les moins bien dotés en apport personnel. En 2018-2019, l’observatoire note un recul régulier de l’apport personnel moyen de 11%. «Pour compenser le défaut d’apport personnel, on allonge la durée, ce qui est possible si les taux sont bas», explique Michel Mouillart.

Source : article du Figaro